Valse médiatique en Do mineur.

Publié le par Vincent

Comme les musiciens, les journalistes télé maitrisent l’art de donner en rythme leur production à leur audience. Temps et contre temps font l’objet d’un grand savoir faire.

 

Le chef d’orchestre médiatique (agences de presse, lobby, politique, inconscient collectif) est celui qui donne le tempo aux autres musiciens qui  ne se contentent plus désormais que de suivre la cadence. Ils savent là où il est bon de s’attarder pour susciter diverses émotions et là où il est nécessaire de se hâter avant que le téléspectateur se lasse, zappe et finisse par changer de chaîne.

 

Selon eux le téléspectateur est un musicien du dimanche qui ne s’attardera pas si la soupe qu’on lui propose semble trop difficile à digérer. Voici le formidable mépris que porte les médias à leur audience bien relayé par les publicitaires qui chantent à tue tête « ne jamais prendre le consommateur pour un con mais ne jamais oublier qu’il l’est ».  

 

Cette distrayante métaphore musicale ne saurait être poussée trop loin car au bout du compte cela ne fait plus rire personne.  

Les médias télévisuels ont de moins en moins cette finalité intellectuelle source de curiosité et d’interrogation. De plus en plus ils s'adressent directement à notre inconscient, nos fantasmes. Ils titillent nos peurs pour mieux nous amener là où ils le souhaitent. 

Qu’est devenue cette réflexion de comique qui passerait presque pour une réflexion de sage d’un autre temps : « ne jamais s’abaisser au public, toujours l’élever à soi » ?

 

Désormais, les médias sont le vecteur de l’information que le public veut. Ils l'orientent, la détournent, l’amplifient, et la fait résonner à l’infini jusqu’à ce qu’elle ne puisse être audible.

Le rappeur Orelsan chante à juste titre sur son texte changement cette société de l’information qui paralyse, qui nous empêche de réagir, car nous recevons « trop d’information à la seconde ».

 

Les grands refrains que chantaient les journalistes exprimant la liberté d’informer, l’indépendance intellectuelle sont en train d’être recomposés par d’obscurs musiciens ayant savamment choisi leurs interprètes.

Car depuis quelques temps nous entendons le chant des sirènes. Celui d’une information qui n’apporte rien mais rapporte, une information qui ne donne pas mais qui prend. Oui, il vaut mieux être sourd que de céder à cette ritournelle !

 

Mais voila ! Les enjeux dépassent la chandelle. Le 21ème  siècle sera d’abord celui de l’information. Les enjeux économiques autour de cette ressource sont énormes. Les luttes pour son contrôle sont certainement plus intenses que jamais.

 

Au milieu de tout cela,  l'Homme traverse ce siècle attaché au mat de son bateau, tente de résister à l’appel.

Les chants se font de plus en plus insistants, toute cette bouillie médiatique lui fait tourner la tête.

Nul ne sait si, une fois arrivé au bout du chemin, il aura conservé son identité. Nul ne sait s’il aura ou non rejoins d’autres moutons dans les plaines de l’ignorance médiatique, laissant son bateau voguer à la dérive.

Publicité

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article